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Classe de maître avec Stan Neumann

 

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Paul-et-Stan

Les documentaristes parlent beaucoup de fiction, mais ils lui empruntent le pire, c’est-à-dire la psychologie, la sociologie, tandis qu’ils délaissent la réflexion sur la forme, et font des films sans contour, qui ne marquent plus rien.

C’est le triomphe du «naturalisme». Pour beaucoup de producteurs et diffuseurs les mots «forme» ou «formel» n’ont plus qu’un sens péjoratif. Le mot d’ordre c’est «capter le réel». Et beaucoup de films documentaires se contentent de cette captation, tirant toute leur valeur de leur «sujet», et de leur «casting».

Je suis au contraire convaincu que pour que le film ait un sens, il ne peut pas se contenter d’être à la traîne du réel comme une caméra de surveillance sur parking de supermarché. Il doit affirmer sa propre réalité de film. Cette réalité c’est la forme. Je pense qu’aujourd’hui les vrais enjeux sont formels.

J’ai été élevé dans l’idée que le cinéma pouvait regarder le monde, qu’il n’y avait pas de sujet qui pouvait lui échapper, qu’il n’était pas condamné à regarder uniquement le nombril des personnages, à étaler leurs états d’âme et leurs corps à corps. Donc quand quelque chose m’intéresse, comme pleins de choses nous intéressent dans nos vies, je considère tout naturellement que le cinéma peut s’en emparer, qu’il peut traiter de toutes les dimensions de l’expérience humaine. »

Stan Neumann


Le cinéaste et documentariste français Stan Neumann répond à l’invitation de la Chaire René-Malo pour cette classe de maître donnée aux étudiants du Baccalauréat en cinéma de l’UQAM. Elle s'est tenue le jeudi 20 novembre 2008, au local J-3875 du Pavillon Judith-Jasmin, de 10h à 12h30 et de 14h à 17h.

Stan Neumann a été également de passage aux Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal le 21 novembre 2008.