Depuis son premier film, Beirut: the Last Home Movie, réalisé en sortant de l’école de cinéma, Jennifer Fox s’interroge sur la famille et la sexualité.
En 2000, elle réalise An American Love Story, une série télévisuelle de 10 épisodes sur une famille interraciale de New York. Elle a aussi été consultante pour le sulfureux Southern Comfort, de Kate Davis, chronique d’un couple transsexuel.
Fox revient maintenant avec une autre série, Flying: Confessions of a Free Woman, qui revisite la sexualité féminine en ce début de 21e siècle.
Postulant qu’il existe un monde secret que les femmes réintègrent naturellement lorsqu’elles se retrouvent entre elles, le défi était de les filmer sans que la fluidité des échanges ne se désintègre devant l’équipe de tournage. Car l’introduction d’un opérateur caméra (même féminin) constitue toujours une menace à la spontanéité des confidences et altère les rapports d’intimité. Il fallait trouver une approche qui soit cohérente avec le projet.
Exit, donc, caméraman et preneur de son! Ici, la caméra est manipulée par Fox elle-même qui la passe à ses interlocutrices lorsque celles-ci l’interpellent.
La présence de Fox devant la caméra, au même titre que tous les autres personnages, veut atténuer le rapport de pouvoir entre la réalisatrice et ses sujets. Mais placée au centre du film, le «personnage Jennifer Fox» agit comme le fil conducteur d’un récit collectif, conférant ainsi à ces Confessions un caractère d’autofiction.
En écho au célèbre essai Fear of Flying de la féministe Érica Yong, publié dans les années 1970, la série, tournée en Europe, en Asie et en Afrique du Sud, met en scène des femmes aux prises avec des amants, des maris, des ex, des enfants, une vie professionnelle, un engagement militant.
La démarche originale de Jennifer Fox est celle d’une infatigable chercheuse. (Diane Poitras)
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