




Aujourd’hui reconnu pour ses œuvres de fiction (La Femme qui boit, 20h17, rue Darling, La Neuvaine), Bernard Émond témoigne, dans cette classe de maître, de son rapport au septième art, de sa passion pour l’anthropologie et de son désir d’authenticité à travers le cinéma documentaire qui a été son premier champ d’expérimentation artistique.
Il expose, à travers une sévère autocritique, ses tentatives de restituer la beauté du monde dont il dénonce la disparition progressive sous les coups de boutoir de la télévision et d’une mondialisation dévastatrice.
Défenseur des cultures et des sociétés traditionnelles qu’il affectionne, il explique comment sa démarche de cinéaste et de citoyen se nourrit d’exigence morale (héritage de son éducation religieuse qu’il ne rejette pas en bloc) pour constater une perte de sens et de spiritualité. Autrefois marxiste, non repentant, sa vision du monde est aujourd’hui pétrie d’humanisme, s’attachant à respecter la dignité des gens qu’il filme à la manière d’un Rossellini dont il admire l’œuvre, tout autant que celle de Chris Marker, de Gilles Groulx et de Jean Chabot, ses maîtres à penser et à filmer.
Cette classe de maître a été tenue le samedi 20 novembre 2004 à la Salle Fernand-Seguin de la Cinémathèque québécoise, lors d’un hommage qui lui était consacré dans le cadre de la septième édition des Rencontres internationales du documentaire de Montréal. Cinq de ses documentaires y ont été présentés: Ceux qui ont le pas léger meurent sans laisser de traces (1992), L’Instant et la patience (1994), La Terre des autres (1995), L’Épreuve du feu (1997) et Le Temps et le lieu (2000).
Animation: Bernard Boulad, alors directeur de la programmation des Rencontres internationales du documentaire de Montréal.
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